En 2017, on estime que 53 200 personnes ont reçu un diagnostic de cancer au Québec. Une personne sur deux sera atteinte du cancer au cours de sa vie et la moitié des gens atteints en décédera. Le nombre de nouveaux cas de cancer est en augmentation en raison du vieillissement de la population et de la croissance démographique.

En effet, 89 % des cancers surviennent chez les personnes âgées de plus de 50 ans, et 45 % chez celles âgées de plus de 70 ans. Cependant, au cours des dernières années, le taux de survie des patients a augmenté pour plusieurs types de cancers, et ce, grâce à l’avancement des connaissances issues de la recherche. Les causes du cancer, la façon dont il se développe et les meilleures pratiques pour le traiter sont maintenant mieux connues.

Les progrès des dernières années sont attribuables aux améliorations de la pratique de dépistage du cancer, aux avancées dans les traitements et à certains changements dans les habitudes de vie, notamment la réduction de l’usage du tabac. Ainsi, les méthodes de diagnostic et les options de traitement évoluent et se multiplient.

Au cours des dernières années, le taux de survie des patients a augmenté pour plusieurs types de cancers. Par exemple, dans le cas de la leucémie, la probabilité qu’une personne soit en vie cinq ans après son diagnostic, comparée à la probabilité de survie dans la population du même âge, est passée de 43 % à 58 % entre les périodes 1992-1994 et 2006-2008, soit une amélioration de 34 %. Le taux de survie durant ces mêmes périodes a augmenté de 10 % pour le cancer colorectal et de 7 % pour le cancer du sein. Au Québec, 26 % des investissements en recherche sont consacrés au cancer du sein, alors que la recherche sur les leucémies compte pour 17 % du montant total, le cancer de la prostate, 10 %, et le cancer colorectal, 9 %. Le Canada se classe au premier rang des dix pays les plus prolifiques au chapitre des publications scientifiques en oncologie (par habitant). La production mondiale 2006-2017 est de 1 153 811 publications. Les chercheurs québécois ont contribué à près du quart (23 %) de la production scientifique nationale en oncologie, et 17 % de ces publications portaient sur le cancer du sein.

De nombreux chercheurs se spécialisent dans l’identification de méthodes de diagnostic et la recherche de traitements contre ces cancers. Parmi ces chercheurs, le Dr Claude Perreault travaille à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal où il étudie les lymphocytes T et leur rôle dans la reconnaissance des cellules cancéreuses. Il a découvert des antigènes leucémiques chez la souris à l’aide de la protéogénomique. Ces antigènes induisent une forte réponse immunitaire qui élimine les cellules leucémiques. Cette découverte serait peut-être un début vers la création de vaccins thérapeutiques contre la leucémie myéloïde aiguë (LMA). Le Dr Perreault dirige également la recherche auprès de SpecificiT pharma qui développe des thérapies cellulaires pour le traitement de la leucémie.

La Dre Morag Park et ses collègues du Centre de recherche sur le cancer Rosalind and Morris Goodman forment le groupe de génomique fonctionnelle sur le cancer du sein à Montréal où les techniques de génomique et de protéomique sont utilisées pour identifier des déterminants moléculaires au diagnostic du cancer du sein.

Récemment, le Dr Robert Day et son équipe du service d’urologie de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke ont découvert une enzyme PACE4 alternative qui aurait un rôle important à jouer dans le cancer de la prostate. L’enzyme PACE4 alternative se retrouve uniquement dans les cellules cancéreuses alors que la PACE4 serait présente dans les cellules de tout le corps.

Avec l’augmentation du nombre de nouveaux cas de cancer, et la multiplication des outils diagnostiques, des médicaments et des traitements, l’intelligence artificielle (IA) est l’une des avenues actuellement explorées pour composer avec le volume et la complexité croissants de l’information. À titre d’exemple, l’intelligence artificielle permet de réaliser des pathologies numériques, c’est-à-dire d’acquérir, gérer, partager et interpréter des informations pathologiques dans un environnement numérique, de façon plus rapide et moins coûteuse que les méthodes traditionnelles, tout en réduisant les risques d’erreurs. L’intelligence artificielle permet aussi de recourir à des systèmes d’aide à la prise de décisions cliniques, qui sont des plateformes logicielles qui rendent explicite la décision à prendre, en fournissant de l’information au sujet des options et des résultats sur la santé.

Imagia est une entreprise qui vise à développer un écosystème collaboratif dans le domaine de l’intelligence artificielle. L’entreprise a développé des biomarqueurs Deep Radiomics pouvant prédire de façon personnalisée la progression de la maladie et la réponse aux traitements. Cette technologie pourrait devenir l’équivalent numérique des biomarqueurs génomiques et protéomiques que les chercheurs tentent d’extraire des tissus cancéreux.

Sébastien Lemieux est un chercheur principal de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal et travaille conjointement avec l’Institut de valorisation des données (, IVADO pour soutenir l’utilisation des données brutes en santé. Son unité de recherche en bio-informatique fonctionnelle et structurale utilise donc l’intelligence artificielle et l’apprentissage machine en santé dans le but de contribuer à la valorisation des données issues des expériences de criblage chimique, de transcriptomique et de protéomique effectuées à l’IRIC.

La thérapie cellulaire est une avenue récente de l’immunothérapie qui consiste à prélever des cellules immunitaires anticancéreuses, à les cultiver et les manipuler en laboratoire pour augmenter leur capacité à combattre les tumeurs, et à les réinjecter chez les patients. Les cellules CAR-T (de l’anglais ChimericAntigenReceptor–T Cell) sont une des approches qui a généré des résultats très prometteurs dans le cas de cancers avancés. Cette forme d’immunothérapie repose sur une combinaison de thérapie cellulaire et de thérapie génique.

Depuis quelques années et encore aujourd’hui, les médecins utilisent la greffe de cellules souches comme traitement contre la leucémie. Le Dr Sauvageau fait partie de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal. Il s’est penché sur les effets secondaires de cette thérapie et cherche un moyen de pallier ceux-ci. Le Dr Sauvageau et son équipe développent un agent, ECT-001, permettant la multiplication des cellules souches sanguines tout en évitant la différenciation de celles-ci. ExCellThera est une entreprise en biotechnologie dirigée par le Dr Sauvageau, qui utilise cette technologie, le ECT-001, pour des essais cliniques de phase I et II.

L’immunothérapie est un type de thérapie biologique faisant appel au système immunitaire pour aider à détruire les cellules cancéreuses. Le cancer n’est plus uniquement vu comme une maladie des gènes, mais aussi comme une maladie de l’organisme, de l’environnement de la tumeur et du système immunitaire. Le Dr Christopher E. Rudd du Centre de recherche de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont a récemment décroché une subvention pour son projet de recherche T-cell signaling and cancer immunotherapy, qui a pour objectif de découvrir les mécanismes de signalisation contrôlant la fonction immunitaire des cellules T et d’élaborer de nouvelles stratégies pour le traitement du cancer par l’immunothérapie.

Le Centre de commercialisation en immunothérapie du cancer (C3I) est un centre canadien d’excellence soutenu par le gouvernement fédéral et divers partenaires. C3I opère depuis l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont où il a accès, entre autres, à un centre de production cellulaire unique au Canada. C3I est spécialisé en immunothérapie du cancer, une pratique en plein essor qui exploite le système immunitaire pour combattre le cancer.

Au Québec, près d’une étude clinique sur quatre cible l’oncologie et ce champ thérapeutique arrive au premier rang. Depuis 2014, le nombre d’essais cliniques et de patients recrutés est en croissance. Entre 2013 et 2017, 281 études cliniques ont été réalisées au Québec dans le champ de l’oncologie, soit 22,9 % des études cliniques réalisées dans la province, tous champs thérapeutiques confondus. Parallèlement, le nombre de patients recrutés au sein de ces études cliniques est passé de 942 en 2014 à 1 412 en 2017, soit une augmentation de 50 % (+470). Les études universitaires ont enregistré l’augmentation la plus importante (+116 % sur la période), notamment en raison de la popularité de l’initiative « Canadian Cancer ClinicalTrials Network » (3CTN) auprès de la communauté scientifique; initiative rendue possible et coordonnée au Québec par le Consortium de recherche en oncologie clinique du Québec (Q-CROC). Bien que la majorité des groupes tumoraux soient représentés, plus de 50 % des études cliniques actives en oncologie en date de mai 2018 sont concentrées dans les trois groupes suivants : les cancers hématologiques (27 %), génito-urinaires (16 %) et du sein (12 %).

Le Consortium de recherche en oncologie clinique du Québec (Q-CROC) est un organisme sans but lucratif dont la mission est d’optimiser le recrutement de patients et la qualité de la recherche clinique en oncologie regroupant 17 des établissements de soins de santé parmi les plus actifs en oncologie au Québec.

L’initiative CATALIS vise à positionner le Québec sur l’échiquier mondial de la recherche clinique précoce (phase I, II, II/III). Lancé officiellement en 2016-2017, ce partenariat public-privé prévoit essentiellement doubler les montants investis et le nombre de patients recrutés en recherche clinique précoce (RCP) au Québec par le secteur privé. L’initiative, d’une durée de 5 ans, cible particulièrement une optimisation de l’efficacité opérationnelle des établissements, ainsi que la promotion de l’expertise québécoise en RCP à l’échelle internationale.

Novartis est une pharmaceutique suisse. Sa filiale canadienne comprend une équipe en recherche clinique dans la région du Grand Montréal. Depuis le 6 décembre 2018, Novartis a reçu la première approbation de Santé Canada pour un traitement de la classe des CART. Kymriah est une thérapie immunocellulaire qui utilise les lymphocytes T des patients et les transforme, in vitro, en lymphocytes T autologues génétiquement modifiés anti-CD19. La dose unique du médicament ensuite injectée chez le patient combat et élimine les cellules cancéreuses. Novartis permet donc l’entrée d’une thérapie CAR-T sur le marché du traitement du cancer.

Repare Therapeutics est un chef de file mondial de l’identification des interactions mortelles synthétiques dans les cellules cancéreuses. Leur plateforme de recherche établie à Montréal utilise des technologies telles la CRISPR/Cas9 dans le but de rester à l’avant-garde des innovations en oncobiologie et en criblage génétique d’interactions létales synthétiques. En juin 2017 Repare Therapeutic a obtenu 68 millions de dollars américains pour le marché canadien. Cette somme lui a permis de mener au stade de développement trois produits destinés à la fois à des cibles nouvelles et bien caractérisées, susceptibles de traiter avec précision des populations de patients identifiés atteints de cancers génétiquement définis. Pour plus de renseignements sur Repare Therapeutic, visionnez cette capsule entrepreneuriale.

Désignée parmi les meilleurs employeurs de Montréal en 2018, Bristol-Myers Squibb Canada a pour mission de développer des médicaments pour le traitement des maladies graves telles que le cancer. Cette entreprise pharmaceutique a récemment reçu l’approbation de Santé Canada pour la combinaison d’OPDIVOMD (nivolumab) et de YERVOYMD (ipilimumab) comme traitement en immuno-oncologie. Il s’agirait du premier traitement offrant un taux de survie global (SG) sensiblement supérieur à celui du traitement standard actuel administré aux patients atteints d’adénocarcinome rénal au stade avancé ou métastatique présentant un risque intermédiaire ou élevé.

À Montréal, 696 chercheurs œuvrent à la recherche en oncologie. Ce sont 10 183 publications cette année dans ce créneau d’excellence. Ces chercheurs travaillent à :

Pôle de maturation de projets en découverte de médicaments, IRICoR est un organisme à but non lucratif établi au sein de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal. Son mandat est d’accélérer la découverte, le développement et la commercialisation de nouvelles thérapies en oncologie, immunothérapie et domaines connexes. IRICoR donne accès à des projets sélectionnés (universitaires et privés) au Canada et ailleurs, à son réseau d’experts et d’infrastructures de pointe, incluant un des plus grands groupes de chimie médicinale en milieu universitaire au Canada.

L’Institut NÉOMED répond aux changements des modèles d’affaires en R&D dans l’industrie pharmaceutique. Il vise à créer un pont pour combler le fossé entre la recherche fondamentale et la mise en marché de nouveaux médicaments. L’Institut présente une expertise sectorielle en découverte et développement de médicaments ainsi qu’une capacité de financement et un environnement favorable pour transformer les innovations en solutions thérapeutiques.

L’Institut de valorisation des données (IVADO), a pour vocation de regrouper les professionnels de l’industrie et chercheurs universitaires afin de développer une expertise de pointe dans les domaines de la science des données, de l’optimisation (recherche opérationnelle) et de l’intelligence artificielle. Avec plus de 1000 scientifiques affiliés, IVADO constitue un centre de compétences avancées et multidisciplinaires.

L’Oncopole a pour mission d’agir comme catalyseur des actions déployées par l’écosystème de la recherche et de l’innovation en oncologie au Québec. Il vise ainsi à positionner la province comme chef de file du domaine. Ses priorités d’action sont orchestrées dans le but de favoriser la mobilisation des parties prenantes, la découverte d’approches innovante pour lutter contre le cancer et, ultimement, des retombées positives au bénéfice des patients.

Au Québec, l'oncologie représente:

1/2
des personnes qui développera un cancer
10e
parmi les pays les plus prolifiques en termes de publications scientifiques
68
équipes interdisciplinaires spécialisées pour la lutte contre le cancer
1/4
des nouveaux traitements qui est destiné à ce secteur

« L’oncologie représente un pôle de recherche majeur dans l’écosystème scientifique du Québec. Nous possédons une grande force dans ce domaine et les pratiques innovantes développées par les chercheurs d’ici sont porteuses d’espoir pour le futur. »

–  Dr Claude Perreault, chercheur principal à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal

 

 

Vitrine sur quelques entreprises, chercheurs et organisations qui ont une incidence sur l’écosystème de l’oncologie

Chercheurs clés

  • Robert Day
    Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke
  • Sébastien Lemieux
    Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal
  • Anne-Marie Mes-Masson
    Centre hospitalier de l’Université de Montréal
  • Morgan Park
    Centre de recherche sur le canceer Rosalind and Morris Goodman
  • Claude Perreault
    Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal
  • Christopher Rudd
    Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont
  • Guy Sauvageau
    Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal