Stéphanie Doyle : Forvis Mazars devient aujourd’hui Grand Partenaire de Montréal InVivo. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager davantage auprès de notre écosystème des sciences de la vie et des technologies de la santé ?
Brigitte Hervieu : Notre décision de devenir grand partenaire s’inscrit dans notre volonté d’accompagner davantage un secteur qui joue un rôle essentiel dans l’innovation, la croissance économique et l’amélioration de la qualité de vie des gens.
Le Grand Montréal possède un écosystème en sciences de la vie reconnu internationalement, avec des entreprises innovantes, des centres de recherche de premier plan et des entrepreneurs ambitieux. Chez Forvis Mazars, nous accompagnons déjà de nombreuses organisations à différentes étapes de leur développement, et nous souhaitons maintenant contribuer plus activement à cet écosystème grâce à notre expertise en audit, certification, fiscalité, financement, gouvernance, et gestion de la croissance et des transactions.
Ce partenariat représente aussi une occasion de mieux comprendre les défis spécifiques du secteur et de participer aux échanges qui façonneront son avenir. C’est vraiment un beau partenariat pour nous.
Stéphanie Doyle : À travers ce partenariat, quel message souhaitez-vous envoyer aux entreprises et aux acteurs des sciences de la vie du Grand Montréal ? Quelle place souhaitez-vous occuper auprès d’eux dans les prochaines années ?
Brigitte Hervieu : Ailleurs dans le monde, Forvis Mazars fait partie des « big four ». Ici, on est plutôt structurés comme une PME : on dessert autant de grandes que de petites entreprises, avec beaucoup d’agilité. On est une plus petite firme, mais avec de grandes ambitions.
Ce qui est certain, c’est qu’on veut être des partenaires à long terme pour les entreprises du secteur, pas seulement au démarrage, mais aussi dans leur croissance, et même dans les moments plus difficiles. Le financement, par exemple, est un enjeu majeur et critique pour ces entreprises. On peut les accompagner dans leurs prévisions financières, leurs demandes bancaires, leur recherche de financement, ainsi que dans les exigences réglementaires, qui sont élevées dans ce secteur.
On dit souvent que le CPA est la personne rationnelle à côté du scientifique. C’est important d’être bien entouré pour avoir les bons chiffres au bon moment, arriver après coup, c’est toujours plus difficile.
Mais notre message ultime, c’est qu’on ne veut pas être seulement un cabinet de services professionnels : on veut être un véritable conseiller, aller au-delà du rôle de comptable pour répondre pleinement aux besoins des entreprises. C’est comme ça qu’on contribue à faire rayonner l’écosystème.
Stéphanie Doyle : Les entreprises en sciences de la vie traversent des phases très différentes : démarrage, financement, croissance, internationalisation, commercialisation. Selon vous, quels sont les principaux enjeux auxquels elles font face aujourd’hui, et sur lesquels Forvis Mazars peut réellement les accompagner ?
Brigitte Hervieu : Le secteur des sciences de la vie comprend plusieurs sous-secteurs, avec beaucoup de levées de fonds, allant de grandes entreprises publiques à de petites PME. Au Québec, le tissu économique est justement composé en grande majorité de PME, notamment en Medtech. Ces entreprises ont donc un grand besoin de visibilité sur leurs finances.
Il y a le côté science, les chercheurs, l’innovation, mais derrière ça, il faut des opérations solides pour soutenir des objectifs à long terme : développer un médicament, c’est long; faire rouler une usine, ça prend des assises financières. Des partenaires financiers solides, ce n’est pas juste un atout, c’est essentiel.
Grâce à notre groupe, on a la capacité de servir aussi bien les très grandes entreprises publiques que les plus petites, avec un département dédié à la fiscalité des PME. C’est toute l’agilité d’un cabinet comptable complet, mais avec une taille humaine.
On accompagne chaque entreprise selon sa maturité et ses besoins. Et avec tout ce qui bouge actuellement, les tarifs, la législation sur les incitatifs financiers, qui change constamment, c’est complexe à suivre. Notre rôle, c’est justement d’être à jour, de vulgariser ces enjeux pour les propriétaires, et de travailler en amont avec eux. On est prêts pour ce défi, et on en est très contents.
Stéphanie Doyle : Veux-tu rajouter quelque chose ? As-tu un message-clé que tu aimerais transmettre ?
Brigitte Hervieu : Ce que j’aime particulièrement, c’est le volet innovation. On a mis en place un comité innovation au bureau, notamment pour encadrer l’utilisation de l’IA dans notre métier et rester aux premières loges de ce qui se passe.
Le secteur des sciences de la vie fonctionne lui-même par innovation. C’est fantastique de pouvoir arrimer ça à toute cette grappe, ici même au Québec. On a des cerveaux, de l’innovation, mais notre grand défi, c’est de réussir à commercialiser ces innovations, à trouver le financement, et surtout à garder notre propriété intellectuelle ici, pour créer de véritables compagnies d’ancrage : des emplois, des revenus, une richesse qu’on garde chez nous.